En janvier 2026, nPerf a placé Bouygues Telecom en tête de son baromètre mobile pour la première fois. Deux mois plus tôt, l’ARCEP sacrait Orange pour la quinzième année d’affilée. Les deux verdicts sont justes. Ils ne mesurent pas la même chose, et l’écart entre eux résume assez bien ce réseau.
En ville, il est devant tout le monde
L’ARCEP mesure sur le terrain, avec plus d’un million de relevés effectués entre juin et août 2025. En zones denses, Bouygues passe devant Orange sur la voix : 96 % d’appels sans défaut contre 95 %. Sur l’affichage d’une page web en moins de cinq secondes, même hiérarchie, 94 % contre 93 %, avec SFR à 88 % et Free à 86 %. Ajoutez la première place nPerf sur la latence, le débit montant, le streaming YouTube et la 5G, et vous obtenez le profil d’un réseau calibré pour un usage urbain intensif. Si vous vivez à Lyon ou à Nantes et que vous ne quittez la ville qu’en TGV, c’est un excellent choix, y compris en passant par un opérateur virtuel : YouPrice et son forfait sur le réseau Bouygues démarrent à 6,99 € pour 50 Go en 4G, et 8,99 € pour 130 Go en 5G.
À la campagne, l’ordre s’inverse
En zone rurale, Bouygues tombe à 77 % d’appels sans défaut, derrière Orange (83 %) et SFR (79 %). Sur la navigation web, il descend à 71 %, dernier ex aequo avec Free. Le débit montant rural plafonne à 9 Mbit/s quand Orange tient 14 Mbit/s, ce qui se sent dès que vous envoyez une pièce jointe ou que vous passez en visio.
Six points d’écart sur la voix, ça ne saute pas aux yeux dans un tableau. Ça saute aux yeux quand vous rappelez trois fois votre interlocuteur depuis un hameau du Cantal.
La couverture affichée, elle, reste bonne partout : comme ses trois concurrents, Bouygues dépasse 99 % de la population en 4G. Ce qui manque en rural, c’est la densité d’antennes, donc la capacité à traverser les murs d’une longère en pierre et à tenir la charge un samedi d’août dans une commune touristique.
Le débit descendant reste sa faiblesse
Même en tête du classement nPerf 2025, Bouygues arrive troisième sur le débit descendant moyen : 119,53 Mb/s, derrière Orange (128,91) et SFR (121,07). Ce qui lui fait gagner le baromètre, c’est la latence et la régularité, deux critères qui comptent pour un appel WhatsApp ou une partie en ligne, beaucoup moins pour télécharger un film avant un trajet. Sachez sur quel usage vous allez juger le réseau.
Le vrai sujet de fin 2026 : la 2G
Le 15 novembre 2026, Bouygues commence à couper son réseau 2G, d’abord sur quelques communes test (Brest, Guipavas, Nancy, Vandœuvre-lès-Nancy), puis à grande échelle en décembre. La 3G suivra fin 2029. Un smartphone acheté après 2018 ne verra strictement rien passer. Un vieux mobile sans VoLTE, un traceur GPS, une alarme, un terminal de paiement ou le téléphone d’un ascenseur, si. Pour un professionnel, c’est le point à vérifier avant de signer quoi que ce soit, bien avant les histoires de débit.
Comment trancher pour votre cas
Un classement national ne dit rien de votre rue. Ouvrez monreseaumobile.arcep.fr, tapez l’adresse où vous dormez et celle où vous travaillez, et regardez la couverture intérieure plutôt que l’extérieure : c’est à l’intérieur que les appels tombent. Si les deux adresses sont en zone dense, Bouygues est difficile à battre, surtout au prix où les opérateurs virtuels revendent ce réseau. Si l’une des deux est un village de 600 habitants, Orange garde six points d’avance sur la voix, et ces six points se vivent tous les jours.

