Un rejet Noemie ne fait pas de bruit. Il tombe dans votre logiciel un mardi, vous vous dites que vous verrez ça dimanche soir, et il rejoint les vingt-cinq autres. Quand vous rouvrez enfin la liste, la moitié des dossiers ont plus de trois mois et vous ne vous rappelez plus de la tournée. L’argent que perdent les IDEL part rarement d’un coup. Il part par tranches de 2,50 € et de 8,50 €.
La cotation approximative, répétée 400 fois par mois
Les erreurs les plus chères sont minuscules. L’indemnité forfaitaire de déplacement oubliée parce que l’acte a été saisi comme s’il avait eu lieu au cabinet. La majoration pour acte unique passée à la trappe. Le deuxième acte coté à taux plein alors qu’il doit l’être à 50 %. La MCI à 5 € jamais ajoutée pour un patient en soins palliatifs suivi depuis huit mois. Trois IFD oubliés par jour, à 2,50 € pièce, font 225 € sur un mois de trente jours. Personne ne vous appellera pour vous le signaler. La seule parade tient en une règle : la cotation se vérifie avant l’envoi, pas après le rejet. C’est le principe de votre facturation en un clic avec Ozzen, où les majorations et les indemnités se calculent à partir de la tournée réellement effectuée plutôt que de votre mémoire à 22 h.
Les majorations de nuit et de dimanche
Le dimanche et les jours fériés, chaque acte ouvre droit à 8,50 €. Sur une tournée de douze patients, ça fait 102 € qui disparaissent si la majoration n’est pas saisie. Entre 20 h et 23 h, c’est 9,15 €. Après 23 h, 18,30 €. Ces montants sautent précisément aux moments où vous êtes le moins disponible pour y penser : le dimanche en rentrant, la facturation repoussée au lendemain. Le lendemain, il y a la tournée du lundi.
La prescription qu’on accepte « pour cette fois »
Une ordonnance sans date, sans la mention « à domicile » alors que vous facturez des IK, un renouvellement d’ALD expiré depuis six semaines : la caisse paie. Puis elle contrôle. L’indu arrive un an plus tard, porte sur des dizaines de séances, et se rembourse d’un bloc. Refuser une prescription incomplète devant un patient est désagréable pendant quatre minutes. Un indu de 900 € l’est pendant plusieurs mois. Photographier l’ordonnance et la rattacher au dossier le jour même prend dix secondes. Retrouver un justificatif de mars au mois de novembre prend une soirée entière.
Le retard, qui coûte deux fois
Un dossier rejeté et corrigé dans la semaine est payé. Le même dossier repris six mois plus tard demande de retrouver la prescription, la date exacte du passage, parfois l’accord de la complémentaire, et il finit souvent abandonné parce que 14 € ne valent pas quarante minutes de recherche. C’est vrai aussi de la part mutuelle : elle représente 40 % de la facture sur beaucoup d’actes, elle se réclame moins facilement que la part obligatoire, et c’est celle qu’on laisse filer en premier.
Le vrai chiffre
Ouvrez vos rejets des trois derniers mois et additionnez-les. Ajoutez les dimanches où vous savez que vous avez coté vite. Ajoutez les IK des tournées de campagne que vous n’avez jamais recalculées depuis votre déménagement de cabinet. Le total est presque toujours plus élevé que ce que vous auriez deviné, et c’est le seul argument qui vous fera changer quelque chose à votre organisation du dimanche soir. Ce qui décide de votre facturation, c’est le moment où vous saisissez, et ce que le logiciel contrôle à votre place pendant que vous roulez vers le patient suivant.

